Hommage aux non Lecteurs 

La mécanique des autres est différente

J’ai mis du temps à comprendre qu’il n’y a pas que la lecture pour s’instruire avant d’agir.

Je faisais l’erreur classique de penser dans mon référentiel.

Le mien est centré sur le mental. Ma mécanique est que je veux comprendre avant d’agir pour être sûr que je vais bien agir.

Et donc très souvent la quête d’informations passe par la lecture (infos/livres/net etc..) ou plus généralement l’acquisition d’informations (conférences/formations/films etc.).

Le monde des émotions ou de l’instinct ne sont pas les centres que j’utilise en premier.

L’instinct ?

Certains autour de moi n’ouvrent jamais un livre mais comprennent tout ou beaucoup de choses et arrivent à agir correctement.

J’avoue que je suis impressionné. Je ne comprenais pas ces gens qui ne lisent jamais et qui pourtant arrivent à réussir.

Pour moi il faut lire un livre sur le Lean ou être formé au Lean pour comprendre et mettre en place le Lean.

Certaines personnes, sans qu’on leur parle du concept, ont déjà les notions en eux, voire même les ont déjà appliquées.

Ils n’ont peut être pas le vocabulaire utilisé dans la théorie mais en tous cas ils ont réussi à mettre en actions.

On pourrait dire qu’ils font de la prose sans le savoir…Oui c’est vrai mais ils n’ont pas besoin de théorie pour mettre en action ou en œuvre.

C’est en eux et tant mieux car ils réussissent !

L’action et la théorie

J’ai rencontré ces situations dans le monde de la conception de produits.

J’ai vu des gens sans trop d’expérience ou de formations concevoir des objets très rapidement au « feeling ».

Quand je leur posais la question de l’épaisseur nécessaire d’une pièce, la réponse était…. « bon là il faut de 2 mm ». Ce n’était pas 2.3mm ou 1.8mm. C’était 2 mm.

Ils avaient raison après vérification par le calcul de structure.

Comment est-ce possible? Quand j’en parle autour de moi, souvent on me dit que ces gens ont l’expérience.

Oui c’est possible mais dans beaucoup de cas je rétorque que non ils n’ont jamais vu ces pièces, c’est nouveau pour eux.

En plus ils sont jeunes et parfois n’ont pas de diplôme mirobolant.

Ils ont l’instinct. Il est sûr qu’ils peuvent se tromper mais ils ont en eux une force, une connaissance sans même parfois en être conscient.

Comment fonctionnent-ils ?

Je crois que ces gens ont en fait cumulé une expérience sans le savoir. Ils ont observé des tas de situations relativement similaires et en ont fait leur propre analyse.

Ils n’ont pas besoin d’autres exemples venus d’informations extérieures théoriques.

Ce sont des gens qui n’ont pas peur d’essayer, de rater, de recommencer et d’insister sur ce cycle d’apprentissage.

Nos incompréhensions

Entre moi qui suis centré sur le mental et d’autres beaucoup plus instinctifs, il y a parfois des incompréhensions.

Pour un mental il faut souvent apporter des preuves avant d’agir.

Or c’est une chose qu’un instinctif ne ressent pas forcément le besoin de faire puisqu’il sait que la preuve est en lui.

Réciproquement parfois je vais tenter d’argumenter quand il n’y a pas lieu de le faire et c’est long pour les autres.

Quand De Gaulle cite qu’il faut de la culture pour diriger une équipe, pour les personnes mentales ils vont penser culture = informations. Les instinctifs ou ceux dans l’émotion vont penser expériences ou ressentis. Chacun a son centre de travail préféré.

Comprendre son centre pour mieux manager

Quand on connait sa mécanique et qu’on perçoit les mécanismes des autres, le fonctionnement de l’équipe en est amélioré.
Les a-priori sur les gens sont mieux compris et mieux digérés. La confiance peut se mettre en place petit à petit.

On peut enfin rire de nos différences et de nos mécanismes. Ainsi ce n’est pas la fin du monde de ne pas voir des gens lire ou ne pas s’appuyer sur des theories. Et pourtant parfois je pense que les non lecteurs passent à côté de certains plaisirs surtout pour leur domaine de passion.

Le Droit de ne pas lire :  Astuces pour les non lecteurs

Ce sous-titre est inspiré du livre « Comme un Roman » de Daniel PENNAC qui y décrit la liste des droits de chaque lecteur.

Le premier des droits est celui de ne pas lire. Il respecte ainsi tous ces gens qui ne sentent pas le besoin de lire pour s’instruire ou se distraire. Il déculpabilise aussi toutes les personnes qui abandonnent un livre en cours de route.

Daniel PENNAC pense que la lecture est avant tout un plaisir, celui que l’on a eu enfant quand on nous racontait des histoires.

C’est avec ce roman que ma femme s’est remise à lire des livres et à tel point qu’elle lit désormais énormément.

Cliquez pour découvrir ce livre pour non Lecteurs !! et aussi Lecteurs 🙂

About the Author Olivier PIUZZI

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